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Plus ou moins l’infiniPlus ou moins l’infini

AURÉLIEN BORY- PHIL SOLTANOFF
(creation 2005)

More or Less Infinity is a kinetic play. Movement is its main axis. This is the result of its very subject : the line, the fundamental nature of which is movement. The line is a direction that one can follow either way. Kinetics also is the result of the axioms of the trilogy: the continuous movements of objects set in motion by the acrobat, and the movements of the acrobat him/herself as primary means of action. Whereas IJK was fundamentally created around the art of juggling and Plan B based on acrobatics, More or Less Infinity intermingles both fields, only to erase their particularities and use their quintessence: movement, constantly opposed to its counterpart: immobility. The tension between immobility and movement, exercised throughout the play, reflects our relationship to space. Everything is set in motion, yet nothing appears to move.

LIMITS

More or Less Infinity deals with limits. The universe is in motion, life is in motion and we only know the beginning of this movement. It was important in More or Less Infinity to tackle the idea of limit, or end. The limit is a notion contending that of infinity.  Furthermore, More or Less Infinity is the last chapter of the trilogy, therefore its limit. It is also a creation set on the borders of the different arts involved on stage, satisfied with its nebulous definition.

 

© Oskar Schlemmer – “Man as a dancer”

The BODY

More or Less Infinity explores the relationship between man and space, or more precisely it deals with man’s body in relation to space. And this very body, perceived as a limit, an obstacle even, is the subject. More or Less Infinity tells of the body’s dissolution or on the contrary, its extension; each a different direction of the same movement. Images, communications, sending space probes… aren’t these extensions of our bodies?

NETWORKS

This crossroad between meanings and connections creates a network that can be apprehended on several levels. There are as many merging points and ramifications as in the line-networks of Schlemmer’s conception of space.  The idea of a network also converges with that of the primordial structure of space, where light and space are one. Furthermore the conjuration of artificial, electronic, undulatory networks meddles with the subject. Most of Phil Soltanoff’s soundtrack is created from recording samples of a fax machine. This approach reveals a lot about our creative process, which is merely based on research and experimentations: embarking at a starting-point and extending it to infinity.

HUMANITY

In its very title, More or Less Infinity takes up man’s relation to space. “More or Less” being on man’s standpoint, and “infinity” on the angle of space. “What is humanity?” asked Jean-Luc Godard after the show, and he answered: “It is a curve, null in all its sequence, except in one of its point where it is infinite.” It is the curve of Laurent Schwartz, French mathematician who was awarded the Fields Medal.

Seeing is forgetting the name of the thing one sees.

 Robert Irwin

Beauty is but infinity contained within a contour.

 Victor Hugo

Journal du Théâtre de la Ville

par Philippe Noisette, mars-avril 2007

Ligne tout simplement

Plus ou moins l’infini, dernier spectacle en date de la Cie 111 dirigée par Aurélien Bory, clôt une subtile trilogie commencée quelques années plus tôt par l’exploration du volume dans IJK, puis du plan dans Plan B. Plus ou moins l’infini s’intéresse à la ligne tout simplement. La ligne, qui, dans l’équation mathématique, se repère d’un côté en filant vers – l’infini et de l’autre vers + l’infini. Pour Aurélien Bory, «cette trilogie s’inscrit dans un théâtre dit de l’espace où la connivence est forte entre le lieu et le sujet. À mes yeux, le théâtre est l’art de l’espace par excellence. Nous avons voulu, à travers ces spectacles, en décliner les dimensions». Plus généralement, Aurélien Bory évoque l’espace de nos vies et cet autre lien, ténu, entre l’humain et ce qui l’entoure. Il se souvient de ces paroles de Mladen Materic, metteur en scène auprès de qui il se forma, affirmant que «l’espace est plus fort que tout». Ce qui est vrai pour l’acteur, l’est pour l’homme dans une relation interdépendante. Bien sûr, l’un comme l’autre finit par vouloir s’échapper et conquérir d’autres territoires.

C’est un éblouissement

On voit très bien cet état de fait dans Plus ou moins l’infini mis en scène par l’Américain Phil Soltanoff et où les artistes présents en scène pratiquent l’esquive comme un art majeur. Ils disparaissent sur les côtés, cour ou jardin, voire – et c’est un éblouissement – sous le plateau de scène. Le vocabulaire ici dévoilé emprunte bien évidemment au jonglage ou à l’acrobatie tels que les pratiquent les tenants du nouveau cirque : Aurélien Bory comme certains des interprètes de la Cie 111 sont passés par Le Lido Centre des Arts du Cirque de Toulouse. Pourtant, l’approche de la Cie 111 va bien au-delà : ainsi durant toute la représentation, le bâton, de différentes tailles, s’impose comme le “complice” de la Cie 111, on s’y suspend, on s’en joue également. Il n’est pas interdit de voir une recherche chorégraphique dans le travail de ces corps presque toujours en apesanteur.

Mais ce qu’Aurélien Bory revendique peut-être le plus, c’est l’idée de théâtre cinétique.

Le spectateur dans une position de surprise

«Nous nous sommes posé la question du sens de la ligne. Comment y répondre métaphoriquement ? Entre infini et désir d’absolu, cette ligne, du temps, ne s’arrête jamais contrairement à la ligne de nos vies. Avec cette référence cinétique, tout comme avec la Schaubühne d’Oskar Schlemmer (1) ou le Op-art (2), on place le spectateur dans une position de surprise où il ne reconnaît pas une forme qu’il connaît pourtant déjà.

«Robert Irwin disait que «voir c’est oublier le nom de ce que l’on regarde». J’ai eu cette phrase en tête», résume Aurélien Bory. Ainsi, s’effacent les catégories – cirque, danse, jeu – à proprement parler. La complicité de Phil Soltanoff, directeur de Mad dog, une compagnie de théâtre expérimental, déjà metteur en scène de Plan B, est à ce titre exemplaire. Plus ou moins l’infini est un spectacle total où musique originale, acrobatie, théâtre se répondent dans un ballet incessant. «Notre processus de collaboration avec Phil est riche de ces échanges dignes d’un théâtre de recherche. De l’écriture des lumières à la mise au point de la scénographie, nous n’avons cessé de réveiller nos sens», dit Aurélien Bory. Enthousiaste, c’est une de ses plus belles forces, Aurélien Bory réaffirme qu’il vient du cirque, et plus précisément du jonglage, après des études de physique, de cinéma et d’acoustique architecturale.«Notre trilogie est pensée par un circassien mais dans cette idée de polyvalence chère à l’homme de théâtre russe Vsevolod Emilevitch Meyerhold.» Pour ce dernier, l’acteur en action ou l’acteur «qui fait» étend ainsi ses moyens en scène. «D’ailleurs il adorait les artistes du cirque», lâche Aurélien Bory.

Une poésie minimaliste, une approche du merveilleux souvent très actuelle

Dans cette création, Plus ou moins l’infini, on trouvera donc des références, plus ou moins implicites, aux années 20, celles du Constructivisme, du Bauhaus ou de…. Buster Keaton. Un vivier d’une qualité sans doute jamais égalée depuis. Mais on découvrira tout aussi bien une poésie minimaliste, une approche du merveilleux souvent très actuelle avec ces clins d’œil à l’univers des jeux vidéo : la matière vivante du théâtre, du cirque et de la danse réunis en résumé. Cet infini, ouvert à tous les vents de la création artistique, porté par une équipe de haut vol, est un horizon enchanté.

1) Plasticien du Bauhaus considérant le théâtre comme l’art de l’espace.

2) Op-art, art cinétique, est un terme utilisé pour décrire certaines peintures faites à partir des années 60 et qui exploitent la faillibilité de l’œil à travers des illusions optiques.

This is the straight line whose tension represents the most concise form of the potentiality for endless movement.

 Vassily Kandinsky

le-figaro

A being and neon
14 April 2007

The young artists of Compagnie 111, a highly original Toulouse company, have put on a show that’s full of movement. The company, far from pursuing overarching box office receipts and trends, entertainingly searches for certain effects, simple in appearance yet very sophisticated in conception.

It all begins magnificently with a ballet of batons which the subtly regulated lights (Arno Veyrat) disguise as neon tubes. The geometric patterns in space which develop in this opening are absolutely fascinating and we immediately fall under the spell of Aurélien Bory, the designer of Plus ou moins l’infini, and the director, Phil Soltanoff. For them, kinetics is king. No words, a little music (it is signed Soltanoff), and Alenda and Cassier, two of the performers, a stage ploughed with furrows, five boys and a girl in grey costumes, four equally important people in the production unit, and the die is cast: the ballet enthrals us. The actions are simple, but they are executed with a grace and lightness that draw laughter from children and adults alike. There is mischief and charm about them, work, discipline, inventiveness and renewal. For while this young team does call to mind some groups of artists on the borderline between dance, circus and theatre, who know how to use video to perfection,

Compagnie 111 offers a very special universe and this show comes to us like an aesthetic manifesto. It’s our good fortune that these young teams provide such enchantment, yet with a very contemporary vocabulary.

Armelle Héliot

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In theatre, space is limitless.

 Vsevolod Meyerhold

The image in a concave mirror suddenly reappears before us after drawing away into the infinite distance, so too, does grace return.

 Heinrich Von Kleist

distribution

Performers  Olivier Alenda, Aurélien Bory, Pierre Cartonnet, Julien Cassier, Mélanie Chartreux, Aurelius Lorenzi
With  Tristan Baudoin, Stéphane Ley, Frédéric Stoll, Arno Veyrat

Design, artistic direction  Aurélien Bory
Direction   Phil Soltanoff
Light designer and technical director  Arno Veyrat
Artistic consultant  Hanne Tierney
Music  Olivier Alenda, Julien Cassier, Phil Soltanoff
Added music  Ryoji Ikeda
Sound Designer  Stéphane Ley
Stage Manager  Tristan Baudoin, Frederic Stoll
Video Design  Aurélien Bory, Arno Veyrat, Pierre Rigal
Set  Pierre Dequivre and the technical team of the theater Vidy-Lausanne
Costume Designer  Sylvie Marcucci
Painting  Isadora de Ratuld
Head of Production  Florence Meurisse
Production manager Clément Séguier-Faucher
Logistic manager  Justine Cailliau Konkoj

Press  Plan Bey Agency

PRODUCTION  Compagnie 111 – Aurélien Bory

COPRODUCTIONS  ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E, Grand Théâtre de Luxembourg, Les Gémeaux/Sceaux/Scène nationale, La Coursive-Scène nationale de La Rochelle, Centre culturel Agora–Scène conventionnée de Boulazac, Equinoxe–Scène nationale de Châteauroux, TNBA -Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine, London International Mime Festival, Le Carré magique-Scène conventionnée de Lannion-Tregor

With the help of  Théâtre Garonne-Toulouse.
With the support of  Ministère de la Culture-DMDTS, Conseil Régional Midi-Pyrénées, Conseil Général Haute-Garonne, Ville de Toulouse, Convention Culturefrance/Ville de Toulouse.

The best way to reach infinity is to take the outside route.

 Didier Hallépée (« les divagations du mathématicien fou », The Ravings of the Crazy Mathematician)