
Photo © Aglaé Bory
Créé en septembre 2005 au Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse)
Avec Olivier Alenda, Aurélien Bory, Pierre Cartonnet, Julien Cassier, Mélanie Chartreux (qui remplace Sodadeth San depuis 2007), Nicolas Lourdelle (qui remplace soit Julien Cassier, soit Aurélius Lorenzi depuis 2007)
Et en régie Tristan Baudoin, Stéphane Ley, Frédéric Stoll, Arno Veyrat
Conception, Scénographie Aurélien Bory
Mise en scène Phil Soltanoff
Création lumière Arno Veyrat
Consultante artistique Hanne Tierney
Musique Olivier Alenda, Julien Cassier, Phil Soltanoff
Musique additionnelle Ryoji Ikeda
Ingénieur du son Stéphane Ley
Plateau Tristan Baudoin, Frédéric Stoll
Vidéo Aurélien Bory, Pierre Rigal, Arno Veyrat
Conception technique des décors Pierre Dequivre
Chef constructeur Thomas Beimowski
Réalisation décor Atelier de la Fiancée du Pirate, Atelier du Théâtre Vidy-Lausanne
Patine Isadora de Ratuld
Costumes Sylvie Marcucci
Régie générale Arno Veyrat
Administration, production, diffusion Florence Meurisse, Delphine Justumus
Production Compagnie 111 - Aurélien Bory
Coproduction TNT - Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées, Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E, Grand Théâtre de Luxembourg, Les Gémeaux - Scène nationale de Sceaux, La Coursive - Scène nationale de La Rochelle, Agora - Scène conventionnée de Boulazac, Equinoxe - Scène nationale de Châteauroux, TnBA - Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine, London International Mime Festival - Londres, Le Carré magique - Scène conventionnée de Lannion-Trégor
Remerciements au Théâtre Garonne - Toulouse, à la Gare aux Artistes - Montrabé
Avec le soutien de Ministère de la Culture - DMDTS, Convention Culturesfrance / Ville de Toulouse
La Compagnie 111 - Aurélien Bory est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication - Direction Régionale Affaires Culturelles Midi-Pyrénées, la Région Midi-Pyrénées et reçoit le soutien de la Ville de Toulouse et du Conseil Général de la Haute-Garonne.
La Compagnie 111 - Aurélien Bory bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.
//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Représentations
de septembre 2005 à mai 2010
LAUSANNE (Suisse) Création Théâtre Vidy-L 23 septembre > 7 octobre 2005
TOULOUSE TNT - Théâtre national de Toulouse 13 > 28 octobre 2005
SCEAUX Les Gémeaux - Scène nationale 7 > 11 décembre 2005
LONDRES (GB) Queen Elizabeth Hall - London Mime Festival 11 > 13 janvier 2006
BOULAZAC Agora - Scène conventionnée 19 > 20 janvier 2006
LA ROCHELLE La Coursive - Scène nationale 24 > 25 janvier 2006
BORDEAUX Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine 1er > 4 février 2006
LUXEMBOURG (Luxembourg) Grand Théâtre de Luxembourg 17 > 18 février 2006
CHATEAUROUX Equinoxe - Scène nationale 10 > 11 mars 2006
REIMS Le Manège - Scène nationale 15 > 17 mars 2006
ANNECY Bonlieu – Scène nationale 22 > 23 mars 2006
LANNION Le Carré magique - Scène conventionnée 7 > 9 avril 2006
HAMBOURG (Allemagne) Kampnagel - Laokoon festival 23 > 26 août 2006
GRENOBLE MC2 - Maison de la Culture 18 > 21 octobre 2006
BARCELONE (Espagne) Mercat de les Flores - Festival Neo 10 > 11 novembre 2006
TARBES Le Parvis - Scène nationale 21 novembre 2006
PORTO (Portugal) Teatro Rivoli 6 > 7 décembre 2006
LISBONNE (Portugal) CCB - Centro cultural de Belém 13 > 17 décembre 2006
FARO (Portugal) Teatro Municipal 21 > 22 décembre 2006
BERLIN (Allemagne) Admiralspalast - Saison française à Berlin 14 > 16 mars 2007
SETE Théâtre - Scène nationale 11 > 12 janvier 2007
DOLE Scène du Jura 21 > 22 mars 2007
DOUAI Hippodrome - Scène nationale 29 > 31 mars 2007
VALENCIENNES Le Phénix - Scène nationale 5 > 7 avril 2007
PARIS Théâtre de la Ville 19 > 26 avril 2007
TOULOUSE TNT - Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées 25 > 29 septembre 2007
DUNKERQUE Le Bateau feu - Scène nationale 11 > 13 octobre 2007
AMIENS Maison de la culture 17 > 18 octobre 2007
SARTROUVILLE Théâtre - CDN 16 > 17 avril 2008
SEVILLE (Espagne) Teatro Central 3 > 4 mai 2008
BELGRADE (Serbie) Ouverture Festival BITEF 15 > 16 septembre 2008
SOFIA (Bulgarie) Ouverture Sofia Dance Week 22 septembre 2008
VELIZY-VILLACOUBLAY L’Onde 10 > 11 octobre 2008
ORLEANS Le Carré Saint-Vincent - Scène nationale 16 > 17 octobre 2008
DUSSELDORF (Allemagne) Schauspielhaus - Internationales Tanzfestival
NRW 3 Wochen mit Pina Bausch 15 novembre 2008
MULHOUSE La Filature - Scène nationale 2 > 6 décembre 2008
QUIMPER Théâtre de Cornouaille - Scène nationale 19 > 20 mai 2010
UTRECHT (Pays-Bas) Festival A/D Werf 28 > 29 mai 2010
//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Journal du Théâtre de la Ville
par Philippe Noisette, mars-avril 2007
Ligne tout simplement
Plus ou moins l’infini, dernier spectacle en date de la Cie 111 dirigée par Aurélien Bory, clôt une subtile trilogie commencée quelques années plus tôt par l’exploration du volume dans IJK, puis du plan dans Plan B. Plus ou moins l’infini s’intéresse à la ligne tout simplement. La ligne, qui, dans l’équation mathématique, se repère d’un côté en filant vers – l’infini et de l’autre vers + l’infini. Pour Aurélien Bory, « cette trilogie s’inscrit dans un théâtre dit de l’espace où la connivence est forte entre le lieu et le sujet. À mes yeux, le théâtre est l’art de l’espace par excellence. Nous avons voulu, à travers ces spectacles, en décliner les dimensions ». Plus généralement, Aurélien Bory évoque l’espace de nos vies et cet autre lien, ténu, entre l’humain et ce qui l’entoure. Il se souvient de ces paroles de Mladen Materic, metteur en scène auprès de qui il se forma, affirmant que « l’espace est plus fort que tout ». Ce qui est vrai pour l’acteur, l’est pour l’homme dans une relation interdépendante. Bien sûr, l’un comme l’autre finit par vouloir s’échapper et conquérir d’autres territoires.
C'est un éblouissement
On voit très bien cet état de fait dans Plus ou moins l’infini mis en scène par l’Américain Phil Soltanoff et où les artistes présents en scène pratiquent l’esquive comme un art majeur. Ils disparaissent sur les côtés, cour ou jardin, voire – et c’est un éblouissement – sous le plateau de scène. Le vocabulaire ici dévoilé emprunte bien évidemment au jonglage ou à l’acrobatie tels que les pratiquent les tenants du nouveau cirque : Aurélien Bory comme certains des interprètes de la Cie 111 sont passés par Le Lido Centre des Arts du Cirque de Toulouse. Pourtant, l’approche de la Cie 111 va bien au-delà : ainsi durant toute la représentation, le bâton, de différentes tailles, s’impose comme le "complice" de la Cie 111, on s’y suspend, on s’en joue également. Il n’est pas interdit de voir une recherche chorégraphique dans le travail de ces corps presque toujours en apesanteur.
Mais ce qu’Aurélien Bory revendique peut-être le plus, c’est l’idée de théâtre cinétique.
Le spectateur dans une position de surprise
« Nous nous sommes posé la question du sens de la "ligne". Comment y répondre métaphoriquement? Entre infini et désir d’absolu, cette ligne, du temps, ne s’arrête jamais contrairement à la ligne de nos vies. Avec cette référence cinétique, tout comme avec la Schaubühne d’Oskar Schlemmer (1) ou le Op-art (2), on place le spectateur dans une position de surprise où il ne reconnaît pas une forme qu’il connaît pourtant déjà.
« Robert Irwin disait que « voir c’est oublier le nom de ce que l’on regarde ». J’ai eu cette phrase en tête », résume Aurélien Bory. Ainsi, s’effacent les catégories – cirque, danse, jeu – à proprement parler. La complicité de Phil Soltanoff, directeur de Mad dog, une compagnie de théâtre expérimental, déjà metteur en scène de Plan B, est à ce titre exemplaire. Plus ou moins l’infini est un spectacle total où musique originale, acrobatie, théâtre se répondent dans un ballet incessant. « Notre processus de collaboration avec Phil est riche de ces échanges dignes d’un théâtre de recherche. De l’écriture des lumières à la mise au point de la scénographie, nous n’avons cessé de réveiller nos sens », dit Aurélien Bory. Enthousiaste, c’est une de ses plus belles forces, Aurélien Bory réaffirme qu’il vient du cirque, et plus précisément du jonglage, après des études de physique, de cinéma et d’acoustique architecturale.« Notre trilogie est pensée par un circassien mais dans cette idée de polyvalence chère à l’homme de théâtre russe Vsevolod Emilevitch Meyerhold. » Pour ce dernier, l’acteur en action ou l’acteur « qui fait » étend ainsi ses moyens en scène. « D’ailleurs il adorait les artistes du cirque », lâche Aurélien Bory.
Une poésie minimaliste, une approche du merveilleux souvent très actuelle
Dans cette création, Plus ou moins l’infini, on trouvera donc des références, plus ou moins implicites, aux années 20, celles du Constructivisme, du Bauhaus ou de…. Buster Keaton. Un vivier d’une qualité sans doute jamais égalée depuis. Mais on découvrira tout aussi bien une poésie minimaliste, une approche du merveilleux souvent très actuelle avec ces clins d’œil à l’univers des jeux vidéo : la matière vivante du théâtre, du cirque et de la danse réunis en résumé. Cet infini, ouvert à tous les vents de la création artistique, porté par une équipe de haut vol, est un horizon enchanté.
1 Plasticien du Bauhaus considérant le théâtre comme l’art de l’espace.
2 Op-art, art cinétique, est un terme utilisé pour décrire certaines peintures faites à partir des années 60 et qui exploitent la faillibilité de l’œil à travers des illusions optiques.
//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Après-coup, texte post-création
par Aurélien Bory, janvier 2006
Cinétique
Plus ou moins l’infini est une pièce cinétique. Le mouvement est l’axe principal. Cela découle du sujet, la ligne, dont la nature même est mouvement. La ligne est une direction, que l’on peut prendre dans un sens ou dans le sens contraire. La cinétique découle aussi des axiomes de la trilogie : mouvements permanents des objets, mus par l’acteur, seul à les actionner, et mouvements de l’acteur lui-même comme principal moyen d’action. Si l’écriture d’IJK reposait essentiellement sur le jonglage et celle de Plan B sur l’acrobatie, l’écriture de Plus ou moins l’infini fond les deux domaines, les efface et n’utilise que leur base: le mouvement. Il est ici mis en relation constante avec son pendant, l’immobilité. Cette tension entre immobilité et mouvement, utilisée dans toute la pièce, reflète notre relation à l’espace. Tout bouge et pourtant tout semble immobile.
Limite
Plus ou moins l’infini est un spectacle sur la limite. L’univers est un mouvement, la vie est un mouvement, dont nous connaissons seulement le début. Il était important dans Plus ou moins l’infini d’évoquer la limite, la fin. La notion de limite intervient en s’opposant à celle d’infini. Plus ou moins l’infini est par ailleurs le dernier opus et donc la limite de la trilogie. Il est également situé à la limite des arts engagés sur le plateau, sans vouloir mieux se définir.
Corps
Plus ou moins l’infini explore la relation de l’homme et l’espace, ou plutôt du corps de l’homme à l’espace. C’est ce corps ressenti comme la limite voire l’obstacle qui est en question. Plus ou moins l’infini raconte son effacement ou au contraire son extension. Les deux participent d’un même mouvement. L’image, la communication à distance, les envois de sondes, est-ce là notre corps qui se prolonge ?
Réseaux
Ce croisement de sens et d’associations crée un réseau d’où il est possible de tirer plusieurs lectures. On peut trouver tout autant de points de convergences et de ramifications que dans le jeu de lignes dans l’espace de Schlemmer. L’idée du réseau rejoint également celle de la structure originelle de l’espace, où matière et lumière ne font qu’un. Par ailleurs l’évocation des réseaux artificiels, électroniques, ondulatoires intervient fortement dans le sujet. La plus grande partie de la musique de Phil Soltanoff est entièrement composée à partir des sons d’un fax. Cette démarche reflète notre processus de création, basé sur la recherche et l’expérimentation : partir d’un point, et l’étendre à l’infini.
Humanité
Plus ou moins l’infini reprend dans son titre la relation de l’homme à l’espace. Plus ou moins, du côté de l’homme, et l’infini du côté de l’espace. Qu’est ce que l’humanité ? demandait Jean-Luc Godard après le spectacle. Il répondait « C’est une courbe nulle en tous ses points, sauf en un, où elle est infinie » Courbe de Laurent Schwartz, mathématicien français médaillé Fields.