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Plan BPlan B

AURÉLIEN BORY / PHIL SOLTANOFF
(création 2003)

Plan B ?

C’est une expression utilisée essentiellement dans les polars ou les films d’actions. On passe au plan B quand le plan A n’a pas marché. Tout cela me plaît énormément : bâtir un plan, en prévoir un de rechange, en sachant que si ce dernier échoue également, il n’y aura pas de “plan C”. Les personnages de Plan B sont dans cet état d’esprit, d’action, d’espoir, de fragilité. Seuls avec leurs plans…

Plan de masse ?

Plan B est le deuxième spectacle d’une trilogie, qui met en rapport le jonglage et l’acrobatie avec des contraintes d’espace. Dans IJK, le travail sur le cube, sur le volume, avait révélé le rythme et la musicalité du jonglage et proposait de cette discipline une perception différente :  au lieu de le donner à voir, de l’aborder par son côté visuel, nous proposions de l’entendre. Avec Plan B, c’est le plan que nous explorons. Ce qui place la scénographie au centre de notre travail. Cette géométrie particulière impose un certain rapport au mouvement et à l’acrobatie, en lien ténu avec les lois de la physique. Nous tentons de l’investir de la manière la plus large possible, et de percevoir quels rêves, quelles qualités, quels écueils se cachent derrière ce dialogue avec la gravité.

 

La course d’un homme par Étienne-Jules Marey – 1883

Plan-séquence ?

La décomposition du mouvement nous renvoie au cinéma et à la photo, avec par exemple les travaux de Muybridge ou Marey – qui d’ailleurs se sont beaucoup intéressés à l’acrobatie. Pour le cinéma, je pourrais citer Méliès, qui a utilisé les artifices du cinéma au service de la magie et de l’illusion. Nous lui faisons un clin d’œil dans Plan B, à ceci près que chez nous l’artifice ne disparaît pas derrière l’illusion : à l’inverse, il s’agit même de mettre en évidence le dispositif, d’en souligner sa simplicité, la pauvreté des moyens techniques, pour ne retenir que son contenu poétique. Différents moments du spectacle sont inspirés du cinéma, citant par exemple Keaton, qui reste la référence de l’acteur, dans le sens où son travail a consisté à s’emparer de plusieurs pratiques artistiques. Cette démarche nous est chère : convoquer sur le plateau la musique, l’acrobatie, le jonglage et la danse, comme des moyens de mener à bien notre travail d’acteurs.

Plan d’attaque ?

Concrètement, mon rôle a été de concevoir et d’imaginer les principaux axes de Plan B. Puis de réunir l’équipe artistique. J’ai alors eu l’idée de proposer la mise en scène à Phil Soltanoff, non habitué à ce type de projet. C’est un travail d’équipe. Les acteurs sont polyvalents. La lumière, le son sont très présents. Tous participent à la création à partir des contraintes de départ, principalement celles de la scénographie. Ce qui produit une matière artistique, sur laquelle s’appuie Phil Soltanoff pour développer la mise en scène.

Entretien avec Aurélien Bory par Stéphane Boitel (Journal du Théâtre Garonne, janvier 2003)

Are you really sure that a floor can't be also a ceiling ?

 Maurits Cornelis Escher

Une pièce de théâtre doit être en permanence un accident à craindre. J'aime avoir la sensation que chaque seconde écoulée est une catastrophe qui n'a pas eu lieu.

 Phil Soltanoff

le-monde

Plan B : dix ans de déséquilibres
04 janvier 2013

Le spectacle d’Aurélien Bory et Phil Soltanoff rebondit au Rond-Point

Changer d’axe, briser la verticalité, adopter une position en biais… Aurélien Bory et Phil Soltanoff se sont joliment tordu le cou pour imaginer Plan B, pièce pour quatre hommes, acrobates et jongleurs. C’était en 2003. Le premier, jongleur de formation, désirait s’échapper du cirque ; le second, metteur en scène, rêvait d’un théâtre plus physique. Ensemble, ils ont soulevé le plancher des vaches et imaginé un plateau en pente tel un toboggan. Et vive le plan B et en avant la glisse !

Ce plan incliné, qui va connaître au fil du spectacle différentes positions et transformations, oblige le corps à s’adapter en permanence pour conserver son équilibre. Trouver de nouveaux appuis, s’en amuser pour explorer des situations physiques inhabituelles, fait tourner la roue de Plan B à toute vitesse. Pour le plaisir de déployer une pure vitalité et de jouer à trouver une solution à tous les problèmes, le spectacle, avec ses multiples tiroirs et chausse-trapes, ne fait pas mentir ses auteurs.

Esprit scientifique et fibre poétique, tiraillé entre observation et contemplation, le duo d’artistes Bory-Soltanoff, si épris de l’espace soit-il, prend d’abord l’homme comme objet d’étude, observe sa capacité à rebondir dans un environnement mouvant, plus ou moins dangereux. La paroi inclinée devient, à l’instar de l’agrès de cirque – quoi que fasse Bory, la piste n’est jamais loin -, le vecteur idéal d’un dialogue serré au fil duquel l’humain se construit dans son rapport à l’autre et au monde. Quitte à choisir de ne pas tendre la main au copain en difficulté en bas de la paroi !

Une curieuse accoutumance

Plan B fait du plateau une zone de trafics en tous genres. Corps, mouvements, mais aussi balles de jonglage et images filmées en direct, s’enchaînent dans un flot d’actions-réactions, de gags et de contre-gags. Souligné d’un burlesque léger, presque elliptique dans sa façon de laisser le rire s’installer dans les creux avant de basculer dans un comique plus franc, Plan B produit parfois une curieuse accoutumance, au risque de faire passer pour un facile engrenage d’exploits.

En donnant une autre perspective à la verticalité et à la gravité, Plan B s’amuse avec la perception du spectateur, qui appréhende ce monde en pente douce tout en le remettant mentalement sans cesse d’aplomb. Ce va-et-vient entre ce que l’on voit et ce que l’on sait devient un exercice de géométrie visuelle. On apprécie les angles d’attaque ainsi que les incroyables torsions des acrobates créant l’illusion avec un acharnement de mineurs de fond.

Plan B a fait connaître Aurélien Bory, ancien étudiant en physique et en acoustique architecturale. Il a aussi griffé son style : chacun de ses spectacles prend d’assaut une scénographie débordante. Qu’il s’agisse de l’énorme robot dans Sans objet (2009), actionné par deux cosmonautes en orbite autour de lui, ou du chapiteau sous le chapiteau de Géométrie de caoutchouc (2011), manipulé par huit interprètes, Bory s’applique à trouver le maximum de configurations comme solution à une équation. Le 10 janvier, Plan B fêtera son dixièle anniversaire avec son casting d’origine composé d’Oliver Alenda, Alexandre Rodoreda, Loïc Praud et Aurélien Bory.

Rosita Boisseau

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On parle depuis longtemps des quatre murs de la scène: mur du fond, murs latéraux et ce mur invisible qui sépare la scène de la salle. Mais il est une cinquième face: le plan du plateau.

 Ushio Amagatsu

 

Distribution

Avec Mathieu Bleton, Itamar Glucksmann, Jonathan Guichard, Nicolas Lourdelle

Conception Aurélien Bory
Mise en scène Phil Soltanoff

Création des rôles Olivier Alenda, Aurélien Bory, Loïc Praud, Alexandre Rodoreda
Scénographie Aurélien Bory
Création lumière Arno Veyrat
Musique Phil Soltanoff, Olivier Alenda, Aurélien Bory
Musique additionnelle Ryoji Ikeda, Lalo Schiffrin
Assistant à la mise en scène Hugues Cohen
Répétiteurs Olivier Alenda, Loïc Praud
Technique vidéo Pierre Rigal
Costumes Sylvie Marcucci
Décor Christian Meurisse, Harold Guidolin, Pierre Dequivre
Peintures, patines Isadora de Ratuld
Régie générale Arno Veyrat
Régie son Joël Abriac
Régisseur lumière Carole China
Régisseur plateau Thomas Dupeyron
Directrice des productions Florence Meurisse
Administratrice de production Christelle Lordonné
Chargée de production Marie Reculon
Développement en international Barbara Suthoff
Presse Dorothée Duplan et Flore Guiraud assistées d’Eva Dias (Plan Bey)

Production Compagnie 111 – Aurélien Bory

Coproduction de la création Théâtre Garonne – scène européenne/Toulouse, Théâtre de la Digue/Toulouse, Le Train Théâtre – scène conventionnée/Portes lès Valence

Aide à la création Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse/Midi-Pyrénées, Service culturel de l’Ambassade de France à New-York, TnBA – Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine

Soutiens Ministère de la culture et de la communication – Direction Générale de la Création Artistique, Convention Institut Français/Ville de Toulouse, ADAMI

Coproduction de la reprise en 2012 Le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique/Nantes, Le Théâtre du Rond-Point/Paris

Aide à la reprise en 2012 Théâtre Garonne – scène européenne/Toulouse, TNT – Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées, L’Usine – scène conventionnée pour les arts dans l’espace public/Tournefeuille Toulouse Métropole