
Photo © Aglaé Bory
Créé en décembre 2007 à Dalian (Chine)
Avec Sun Ruichen, Yu Yingchun, Ding Hong, Jiang Huimin, An Liming, Chen Jianhui,
Liu Yu, Qu Aiguo, Tan Zuoliang, Li Liang, Wang Wentao, Zhang Deqiang, Che Hu,
Zhang Benchuan
Conception, Scénographie, Mise en scène Aurélien Bory
Collaboration artistique Pierre Rigal
Traduction, Assistance à la mise en scène Evita De Ayguavives, Hugues Cohen
Création lumières Arno Veyrat
Lumières, Plateau Tristan Baudoin
Composition musicale Raphaël Wisson
Mixage, son Stéphane Ley
Musique additionnelle Arvo Pärt
Costumes Sylvie Marcucci
Régie générale Arno Veyrat
Régie technique en alternance Joël Abriac, Tristan Baudoin, François Dareys, Stéphane Ley, Arno Veyrat
Conception technique des décors Pierre Dequivre
Chef constructeur Arnaud Lucas
Réalisation décor Atelier de la Fiancée du Pirate
Patine Emily Battersby, Charlotte Delion
Production, administration, diffusion
Pour Compagnie 111 - Aurélien Bory Florence Meurisse, Christelle Lordonné
Pour Scènes de la Terre Jean-Luc Larguier, Chantal Larguier, Aylana Irgit, Elsa Gangloff
Production exécutive à Dalian Fan Xiang Cheng, Ecole d’art de Dalian
Production Compagnie 111 - Aurélien Bory, Scènes de la Terre
Production déléguée Scènes de la Terre
Coproduction Théâtre de la Ville - Paris, Equinoxe - Scène nationale de Châteauroux
Accueil en résidence Ecole d’art de la Ville de Dalian, Scène nationale de Sénart
Avec le soutien de Ministère de la culture / Direction Régionale des Affaires Culturelles
Midi-Pyrénées, Ville de Toulouse, Région Midi-Pyrénées, Culturesfrance
La Compagnie 111 - Aurélien Bory est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la
Communication - Direction Régionale Affaires Culturelles Midi-Pyrénées, la Région Midi-Pyrénées
et reçoit le soutien de la Ville de Toulouse et du Conseil Général de la Haute-Garonne.
La Compagnie 111 - Aurélien Bory bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas pour le
développement de ses projets.
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Représentations
de décembre 2007 à juin 2010
DALIAN (Chine) Création Théâtre de la Ville de Dalian 30 novembre > 1 décembre 2007
PARIS Création Théâtre de la Ville 29 janvier > 3 février 2008
ELBEUF Cirque-Théâtre 8 > 10 février 2008
BREST Le Quartz 12 > 14 février 2008
BORDEAUX TnBA - Théâtre national de Bordeaux 21 > 23 février 2008
CHATEAUROUX Equinoxe - Scène nationale 29 février > 2 mars 2008
DOUAI Hippodrome - Scène nationale 7 > 8 mars 2008
REIMS Le Manège - Scène nationale 11 > 12 mars 2008
LE HAVRE Le Volcan - Scène nationale 14 > 15 mars 2008
GRENOBLE MC2 - Maison de la culture 18 > 22 mars 2008
LISBONNE (Portugal) CCB - Centro Cultural de Bélem 26 > 30 mars 2008
ANNECY Bonlieu – Scène nationale 1er > 2 avril 2008
CHAMBERY Espace Malraux - Scène nationale 4 > 5 avril 2008
LA ROCHE SUR YON Le Grand R - Scène nationale 11 > 12 avril 2008
LA ROCHELLE La Coursive - Scène nationale 21 > 23 avril 2008
NANTES Le Grand T - Maison de la culture 30 > 31 octobre 2008
NEW YORK (Etats-Unis) Brooklyn Academy of Music – BAM 5 > 8 novembre 2008
CAEN Théâtre de Caen 11 > 14 novembre 2008
SAINT QUENTIN EN YVELINES Théâtre - Scène nationale 19 novembre 2008
COMBS-LA-VILLE La Coupole - Scène nationale de Sénart 25 > 29 novembre 2008
DOLE Scènes du Jura 2 décembre 2008
VANNES Théâtre Anne de Bretagne 5 décembre 2008
AMIENS Maison de la Culture 9 > 10 décembre 2008
DRAGUIGNAN Théâtre en Dracénie 12 > 13 décembre 2008
TOULOUSE TNT - Théâtre national de Toulouse 16 > 21 décembre 2008
LONDRES (GB) Barbican Bite - London International Mime Festival 14 > 17 janvier 2009
LYON Maison de la Danse 20 > 25 janvier 2009
PAU Espaces Pluriels - Scène conventionnée 27 janvier 2009
BOULAZAC L’Agora - Scène conventionnée 29 > 31 janvier 2009
HONG KONG (Chine) French May - Hong Kong Cultural Centre 15 > 16 mai 2009
SAINT ETIENNE La Comédie - CDN 26 > 30 mai 2009
SINGAPOUR (Singapour) Singapore Arts Festival 2 > 3 juin 2009
LUBLIANA (Slovénie) Cankarjev dom - Linhart Hall 16 > 17 juin 2009
ZAGREB (Croatie) Eurokaz Festival - Théâtre National 20 > 21 juin 2009
MARSEILLE Festival de Marseille 25 > 26 juin 2009
PERTH (Australie) Perth International Arts Festival 6 > 12 février 2010
SAINT DENIS DE LA REUNION Théâtre de Champ Fleuri 10 > 12 juin 2010
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Variations autour du tangram chinois
par Philippe Noisette, Dalian, décembre 2007
L’école d’Art de la ville de Dalian
Après sa trilogie événement où ce créateur expert ès mathématiques et acrobatie explorait le volume, le plan et enfin la ligne, Aurélien Bory a éprouvé le besoin d’élargir encore un peu plus son horizon. Guidé sur les routes de la Chine par Jean-Luc Larguier, le Toulousain de la Compagnie 111 s’est arrêté à Dalian, ville portuaire plutôt novatrice qui affiche sans complexe son amour d’une modernité triomphante. Pourtant, c’est vers tout autre chose, une tradition renouvelée, qu’Aurélien Bory s’est tourné en s’invitant à l’école d’Art de la ville de Dalian, haut lieu d’études et de pratiques : on y étudie en particulier l’opéra de Pékin, un genre à lui tout seul, acrobatie, arts martiaux, danse ou musique. Du théâtre au gymnase, il s’est imprégné de l’atmosphère si particulière que dégage cette école entre deux mondes, un passé prestigieux et un futur ambitieux. Jusqu’à la cantine, lieu de retrouvailles agité et vivace, où notre homme entendra un professeur de erhu, le violon chinois, et ses deux élèves. Aurélien Bory sous le charme de cet instrument l’utilise d’ailleurs dans Les Sept planches de la ruse, répétées et créées à Dalian même.
L’image d’une famille « recomposée »
Au cours de longues auditions, le metteur en scène a su recréer l’esprit d’une équipe, lui le chef de troupe aguerri, mais exilé. La distribution des Sept planches est pour beaucoup dans la réussite de ce spectacle singulier. Aurélien Bory a ainsi vu se présenter de très jeunes artistes et des anciens. De 18 à 58 ans, la troupe réunie offre l’image d’une famille « recomposée », comme on les aime en Chine, toutes les générations main dans la main. Après ce choix, Aurélien Bory dû apprendre à ces interprètes à désapprendre, oublier leur propre savoir-faire, leur fabuleuse maîtrise. Travail des mains, pratique du yoga ou de l’acrobatie, du chant également. Peu à peu, Les Sept planches de la ruse se mettent ainsi en place, création comme un trait d’union entre l’esprit occidental et une philosophie plus orientale. Les mathématiques, chères à l’auteur de Plus ou moins l’infini, servant de langage commun.
Le tangram, sept pièces aux formes disparates
Mais qu’est-ce donc que ces Planches, qi qiao ban en VO ? Ce jeu, le tangram, remontant à la haute Antiquité et toujours pratiqué, se compose de sept pièces aux formes disparates : cinq triangles aux tailles variables, un carré et un parallélogramme. Aurélien Bory en donne une version en trois dimensions avec des éléments de plusieurs centaines de kilos chacun. Mais à l’oeil nu, le spectateur ne voit que légèreté et maniabilité dans cette partie gagnante. Voguant sur le principe des combinatoires, quasi infinies, Aurélien Bory fait des artistes chinois les manipulateurs de ce tangram : mieux encore, invente un jeu corporel où les triangles et autres formes en scène semblent avaler les individus. De l’art de l’interstice, Bory est devenu maître, faisant apparaître - ou disparaître - ici un jeune garçon, là un trio de dames aux belles voix.
Le danger
Le danger, il existe, est partie prenante du processus renvoyant aux aléas du cirque. À Dalian, le public peu habitué, il est vrai, à une approche contemporaine d’un précepte ancestral, lâchait des Ha et des Ho de surprise mâtinés d’un peu d’effroi. Mais c’est bel et bien la poésie, signature de la Compagnie 111, qui emporte le morceau : une rangée d’ombres qui s’écroulent en écho, une silhouette qui se pend du bout des pointes de pieds, une musicienne qui glisse sur le tangram grandeur nature. Les tableaux s’enchaînent dans une harmonie de noir et blanc, Aurélien Bory prenant soin de tenir à l’écart les rouges impériaux un peu trop connotés à son goût. Les Sept planches de la ruse réussissent alors l’exploit d’être à la fois complètement imprégnées d’une pensée chinoise jusque dans leur lecture du Yin et du Yang, et de saisir une certaine abstraction plus actuelle. On est surpris par ce que l’on croit reconnaître et qui n’est jamais tout à fait ce que l’on pensait voir.
Esprit d’ouverture
Musicalement, Les Sept planches de la ruse osent également ce voyage des sens : chanson traditionnelle du Shanghai des années 30, airs d’opéra, composition de Raphaël Wisson ou de Arvo Pärt. Enfin, les fidèles d’Aurélien Bory, Pierre Rigal en tête, accompagnés d’Arno Veyrat, Pierre Dequivre, Tristan Baudoin, Sylvie Marcucci et Stéphane Ley, ont insufflé à Dalian cet esprit d’ouverture propre aux créations de la Compagnie 111. La greffe a pris, et bien au-delà tant il semble, sur le plateau, que les uns et les autres sont habités par une flamme commune. A la vie, à la ruse donc.