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Les sept planches de la ruseLes sept planches de la ruse

a piece by Aurélien Bory with the artists from Dalian
(creation 2007)

Geometry is what inspires my work, most probably because the stage is first and foremost a space in which any form of action is subject to the laws of general mechanics. The stage is a place of fiction, where poetry is related to the dialogue between Man and space. Between what is human, and what is not. This is what led me to search geometry for a starting point to my work. It was also a way of moving my meeting with the Chinese artists onto neutral ground: mathematics, a major science in Chinese thought as well as Western culture.

China

A foreign land par excellence, for me going to China also meant going to the source of ancestral knowledge, more particularly in terms of the human body. As the oldest living civilisation, from the very outset China has seen the world as a whole, as indeed it also sees Man, with great importance given to the human body. Consequently, the actors who belong to the Beijing Opera use their entire bodies through dancing, acrobatics and singing. This acting versatility is also a quality I have always sought for in my own actors, new and old alike.

The game

Why the game? Here’s a definition I found on the Wikipedia website which seems quite apt: “A game is a way of representing the world. Thus, a game transposes systems of values or abstract formal systems into concrete objects. From this point of view, a game can be seen as a metaphor of the world, each game you play being a form of work of art.”

 

Photo by Jean Dieuzaide

The Seven Boards of Skill

I chose to draw my inspiration from Tangram, a Chinese game they call Qi Qiao Ban, which quite literally means The Seven Boards of Skill. The game, which goes back to antiquity, is a seven-piece puzzle, the numerous combinations of which are of great geometric interest. It could be said that the way these pieces have been cut contains the foundations of Chinese thought. It has strong metaphorical, recreational and emotional power.

Theatre tectonics

On stage, the pieces of the game become blocks. They slide against each other, rising to form mountains and towns and the opposing forces give rise to shapes suspended in unlikely equilibrium. Rifts, drops and breaches define Man’s position. The Seven Boards of Skill follow a tectonic movement, a slow yet inevitable movement, an ever-changing future that human beings activate but are also subjected to.

Aurélien Bory, April 2008

The visible shifts of the earth’s crust are the product of movements resulting from a reduction in our planet’s volume. They tend to break down in horizontal and vertical movements.

 Eduard Suess

The perfect number is one that excludes any idea of counting.

 Anonymous, Chinese, quoted by Paul Claudel

China is a detour.

 François Jullien

liberation

Les sept planches de la ruse
08 February 2008

Aurélien Bory, 35 ans, directeur artistique de la Cie 111, après des études de physique, un diplôme de cinéma, une formation en acoustique architecturale puis en jonglage, est parti les mains dans les poches en Chine, à Dalian, ville portuaire entre la mer Jaune et la mer Bohai. Ce jongleur et metteur en piste n’avait aucune idée de ce qu’il allait trouver, déjà débarrassé des nombreuses chinoiseries qui encombrent les projets artistiques. Il s’est contenté de regarder et d’entrer en contact avec les artistes “locaux”. Mieux qu’à la Star Academy, les quatorzes interprètent qui se sont engagés à ses côtés excellent ausis bien à l’acrobatie qu’à la danse, au chant ou au jeu d’acteur. Il a choisi deux circassiens et douze acteurs de l’Opéra de Dalian. Chose peu commune, sept sont retraités, âgés de 45 à 58 ans, et c’est un des points essentiels de ce spectacle inouï.

Casse-tête

En Chine, Aurélien Bory a découvert et expérimenté le tangram, ou qi qiao ban, qui signifie “les sept planches de la ruse” dont il titre le spectacle. Ce jeu antique décline les possibilités combinatoires de la géométrie. Casse-tête chinois, c’est le cas de le dire, ce puzzle comprend sept éléments, cinq triangles de trois tailles différentes, un carré et un parallélogramme qui s’épaulent pour composer des figures équilibristes. Ainsi le metteur en piste avait-il trouvé sa base : “Un territoire transculturel, dit-il, à travers les mathématiques, à la fois science fondamentale de le pensée chinoise et pilier de la culture occidentale.” Pas besoin d’autre argument dramaturgique ; une plongée dans le Livre des mutations ou Yi King, autre trésor de la culture chinoise, et le socle du spectacle était là. Aurélien Bory a ensuite expérimenté ces matières premières, vérifié sur maquette si ses propres ruses fonctionnaient. Ce n’est rien de dire qu’elles sont opérationnelles. Les Sept Planches de la ruse sont de toute beauté, grâce notamment à cette entente mathématique qui n’a pas besoin de mots pour communiquer. Les acteurs vêtus de noir s’affairent. Une minute d’inattention, un surpoids en trop, et le château des sept planches peut d’écrouler…

Défi

Cela pourrait renvoyer aux constructions du Bauhaus d’Oskar Schlemmer, ou à la sphère de Laban. mais nous ne sommes pas dans la danse, dans la composition chorégraphique. Le corps est ici tenu à la prouesse et au défi. Les acrobates réalisent des équilibres sur des surfaces elles-mêmes fragiles, au bord de la disparition. On passe, en fonction des lumières d’Arnaud Veyrat, d’un univers à l’autre, de la Chine ancienne à la Chine des gratte-ciels. La composition musicale de Raphaël Wisson opère le même voyage d’un siècle à l’autre. La chorégraphie joue des marches et met en valeur un détail, un petit geste d’art martial par exemple, pour mieux passe à autre chose. Quant aux interprètes, ils savent faire masse, corps commun construisant les architectures les plus audacieuses. Ils se distinguent aussi en des partitions personnelles ; descendant par exemple des pentes de plus de 80°. La scène telle une banquise qui explose en morceaux pour mieux se reconstruire, est comme une métaphore de la place Tiananmen. La foule est là. On se dresse contre un char. Si l’exercice est mathématique au départ, il n’est est pas moins charnel sur scène. On ne quitte pas des yeux les interprètes, ni la musicienne souvent éjectée sur un petit bout de banquise, renversée.

Dans ce spectacle qui est un paysage changeant, rappelant la fragilité et la résistance lorsque l’un se glisse dans un interstice dangereux, on ne trouve pas de plage de tranquillité. C’est l’ “intranquillité” telle que la pensait Pessoa.

 

Marie-Christine Vernay

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Les sept planches de la ruse suit un mouvement tectonique, un lent mouvement de transformation inéluctable que les hommes actionnent et subissent à la fois.

 Aurélien Bory

Distribution

With  Sun Ruichen, Yu Yingchun, Ding Hong, Jiang Huimin, An Liming, Chen Jianhui, Liu Yu, Qu Aiguo, Tan Zuoliang, Li Liang, Wang Wentao, Zhang Deqiang, Che Hu, Zhang Benchuan.

Design, scenography and direction  Aurélien Bory
Artistic collaboration  Pierre Rigal
Direction assistants  Evita De Ayguavives, Hugues Cohen (alternately)
Light design Arno Veyrat
Music  Raphaël Wisson
Sound design  Stéphane Ley
Added musique  Arvo Pärt
Costume designer  Sylvie Marcucci
Technical scenery design  Pierre Dequivre and les ateliers de la Fiancée du pirate
Head maker  Arnaud Lucas
Patina  Emily Battersby, Charlotte Delion, Charles Martel
General technic  Arno Veyrat
Sound technic  Joël Abriac
Light engineer François Dareys
Productions direction 
Florence Meurisse
Production manager 
Marie Reculon
Communication, public relations   Sarah Poirot
Press Dorothée Duplan, Flore Guiraud, Eva Dias assisted by Louise Dubreuil (Plan Bey)

DELEGATED PRODUCTION UNTIL JUNE 30TH 2010  Scène de la Terre – Jean-Luc Larguier
PRODUCTION OF THE RESUMPTION IN 2015  Compagnie 111 – Aurélien Bory

COPRODUCTION OF THE REALISATION IN 2007  Théâtre de la Ville – Paris, Direction de la Culture – Ville de Dalian, Equinoxe – Scène nationale de Châteauroux.
Residence  Scène nationale de Sénart
With the support of Ministère de la culture/Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Ville de Toulouse, Institut Français.

Help to the resumption in 2015  Le CENTQUATRE-PARIS