IJK

Compagnie 111 (2000)

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Photo © Aglaé Bory

 

Créé en septembre 2000 au Théâtre de la Digue à Toulouse

 

Avec Olivier Alenda, Aurélien Bory, Anne De Buck  (qui remplace Katja Werling depuis 2001)

 

Conception, Scénographie Aurélien Bory

Mise en scène Christian Coumin

Assistant à la mise en scène Thierry Dussout

Ecriture du jonglage Olivier Alenda, Aurélien Bory

Création lumière Arno Veyrat

Son Stéphane Ley

Costumes Sylvie Marcucci

Réalisation décor Christian Meurisse, Pierre Dequivre

Régie technique en alternance Carole China, Sylvain Lafourcade, Stéphane Ley, Fabien Salabert, Arno Veyrat

Administration, production, diffusion Florence Meurisse, Georges Martinez

 

 

Coproduction Compagnie 111 - Aurélien Bory, Théâtre de la Digue - Toulouse, Espace Apollo - Mazamet.
Avec le soutien de Studio de création du Lido - Centre des arts du cirque, Ville de Toulouse, Culturesfrance
Avec l’aide de Service culturel de l’Ambassade de France à New-York, French American Cultural Exchange – Face
La Compagnie 111 - Aurélien Bory est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication - Direction Régionale Affaires Culturelles Midi-Pyrénées, la Région Midi-Pyrénées et reçoit le soutien de la Ville de Toulouse et du Conseil Général de la Haute-Garonne.
La Compagnie 111 - Aurélien Bory bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

 

 

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Représentations 
de septembre 2000 à juin 2008

 

 

TOULOUSE Théâtre de la Digue 25 > 30 septembre 2000

BEAUVAIS T.E.B 2 > 6 octobre 2000

AUCH Festival CIRCA 30 octobre 2000

BOUC BEL AIR 14 > 15 décembre 2000

DROPT 26 janvier 2001

LAFOX 27 janvier 2001

MADRID (Espagne) Festival Teatralia 3 au 17 mars 2001

MADRID (Espagne) Centre culturel Palomeras Bajas 3 > 7 mars 2001

MADRID (Espagne) Villanueva de la Canada 10 mars 2001

MADRID (Espagne) Getafe 11 mars 2001

MADRID (Espagne) Carpa de los Malabaristas 16 au 17 mars 2001

LOMME Salle de l'Olympia 30 mars > 1er avril 2001

SIMIANE COLLONGUE Office municipal de la Culture 10 avril 2001

ANVERS (Belgique) Festival Tweetak 16 > 17 avril 2001

BOURGES Printemps de Bourges 22 avril 2001

LESPERON Rencontres en grande Lande Falep 28 avril 2001

MAZAMET Espace Apollo 3 mai 2001

OBERNAI Festival Pisteur d'étoiles 6 mai 2001

NERAC Espace d'Albret 11 mai 2001

AIGUILLON 18 mai 2001

GRATELOUP 19 mai 2001

VERRIERES EN FOREZ Festival Monts de la Balle 2 > 3 juin 2001

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE Festival Furies 8 juin 2001

NEVERS Les Zaccros d'ma rue 30 juin > 1 juillet 2001

BRIENON Festival en Nothe 20 juillet 2001

CARVIN Convention de jonglerie 28 juillet 2001

FIGEAC Festival 1er août 2001

ILLKIRCH L'Illiade 14 > 5 septembre 2001

TOULOUSE Festival "Ca bouge encore!" 29 septembre 2001

ST BRICE COURCELLES Nuit de la Jongle – Jonglissimo 5 octobre 2001

CANEJAN Centre Simone Signoret 13 octobre 2001

VITRY-LE-FRANÇOIS Espace Simone Signoret 18 octobre 2001

KARLSRUHE (Allemagne) Tollhaus Kulturzentrum 24 > 26 octobre 2001

HAMBOURG (Allemagne) Kampnagel Festival KinderKinder 27 > 28 octobre 2001

HAZEBROUCK Centre André Malraux 31 octobre 2001

NEERPELT (Belgique) Theater in de Piste 3 > 4 novembre 2001

ALBERTVILLE Dôme Théâtre 15 novembre 2001

PORTE-LES-VALENCE Train - Théâtre 17 novembre 2001

CANTELEU Espace François Mitterrand 30 novembre 2001

ROUILLAC La Palène 2 > 4 décembre 2001

ALBI Athanor – Scène nationale 8 > 9 décembre 2001

FOS-SUR-MER Centre Culturel Marcel Pagnol 15 > 16 décembre 2001

ST GEORGES DE DIDONNES Salle polyvalente 18 décembre 2001

THOUARS Théâtre 20 décembre 2001

LA COUARDE La Maline 22 décembre 2001

RUNGIS L'Arc en ciel 10 > 12 janvier 2002

LONDRES (GB) International London Mime Festival 21 > 23 janvier 2002

MONTLUCON Athanor 2 > 3 février 2002

PERPIGNAN Médiator 7 > 8 février 2002

BLAGNAC Odyssud 2 > 3 mars 2002

LA VERRIERE Le Scarabée 9 mars 2002

ALENCON Le Théâtre – Scène nationale 11 > 13 mars 2002

FLERS Forum 15 > 16 mars 2002

LANGRES Festival Tinta'Mars 19 mars 2002

LIMOUX ATP de l'Aude - salle Monte Christo 5 avril 2002

TERGNIER Festival du Clown 23 avril 2002

ST ANDRE-LES-VERGERS Espace Gérard Philippe 26 avril 2002

GRASSE Théâtre 29 > 30 avril 2002

IFS Théâtre Jean Vilar 3 mai 2002

REIMS Le Manège – Scène nationale 30 > 31 mai 2002

MUNICH (Allemagne) Tollwood Festival 20 > 26 juin 2002

COURTRAI (Belgique) Humorologie 29 > 30 juin 2002

PORT DE BOUC Le Sémaphore 2 juillet 2002

EVRY Théâtre de l'Agora – Scène nationale 28 septembre 2002

LONDRES (GB) London International Mime Festival 23 > 26 janvier 2003

ST MICHEL-SUR-ORGE Espace Marcel Carné 1er mars 2003

BRUZ Le Grand Logis 15 mars 2003

LANDERNEAU Salle Sainte Ernel 18 mars 2003

LANNION Carré Magique 20 > 21 mars 2003

LOUDEAC Palais des Congrès et de la Culture 23 mars 2003

TREGUEUX Bleu Pluriel 25 mars 2003

VANNES Palais des Arts 26 mars 2003

DINAN Théâtre des Jacobins 27 mars 2003

LANESTER Théâtre des 2 Rivières 29 mars 2003

CHAMPAGNOLE Scènes du Jura - Salle des Fêtes 2 avril 2003

GENEVE (Suisse) Théâtre Am stram gram 29 avril > 4 mai 2003

GAUCHY Maison de la Culture 6 > 7 mai 2003

FOIX Espace Olivier Carol – Scène nationale 13 mai 2003

SAINTES Festival - Gallia Théâtre 15 mai 2003

DIJON ABC 17 mai 2003

CALUIRE ET CUIRE Le Radiant 19 > 21 mai 2003

MIRIBEL L'Allegro 20 mai 2003 

SAINT GENIS LAVAL Espace Culturel 23 mai 2003

BIARRITZ Festival "On s'appelle, on se fait un cirque" 31 mai 2003

NEVERS Maison de la Culture 20 > 21 janvier 2004

VALS-LES-BAINS Le Théâtre 23 janvier 2004

BRON Espace Albert Camus 27 janvier 2004

WAREGEM (Belgique) Centre culturel De Schakel 29 janvier 2004

GEEL (Belgique) Centre culturel de Werft 30 janvier 2004

TERNAT (Belgique) Centre culturel de Ploter 1er février 2004

LEOPOLDSBURG (Belgique) Centre culturel 2 février 2004

ROULERS (Belgique) Centre culturel de Spil 4 février 2004

KINGERSHEIM Festival Momix - Espace Tival 7 février 2004

HONG KONG (Chine) Hong Kong Arts Festival 18 > 22 février 2004

BUDAPEST (Hongrie) Trafo 27 > 29 mars 2008

NEW YORK (Etats-Unis) The New Victory Theater 6 mai > 1er juin 2008

 

 

 

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Géométrie fantasque
par Jean-Michel Guy, paru dans Arts de la piste, janvier 2002


La compagnie, formée par Aurélien Bory, Olivier Alenda et Katja Wehrlin (récemment remplacée par Anne De Buck), qui se sont rencontrés sur L'Odyssée, création mémorable de Mladen Materic, s'appelle 111, comme la toute dernière sonate, révolutionnaire, de Beethoven, mais on peut surtout l'entendre comme juxtaposition de trois particules élémentaires. Son premier spectacle s'intitule IJK. Des chiffres et des lettres, la couleur est annoncée : nous sommes dans un espace mathématique, dans un jeu de l'esprit.

Inspiré du Bauhaus, le spectacle mêle musique, théâtre non verbal, acrobatie, jonglerie dans une fantaisie plastique "abstraite". La jonglerie en question est de trois types, acoustique, géométrique et "optique", encore peu explorés ensemble jusqu'à présent. Acoustique : des balles (des Kangourou, en caoutchouc, au pourcentage de rebond plus élevé que les balles en silicone, et au son plus sec) viennent percuter les parois de trois parallélépipèdes de bois, aux dimensions différentes, calculées de telle sorte qu'elles produisent chacune trois sons distincts. On songe évidemment au fameux triangle de Michael Moschen, et aux expériences déjà tentées (par Pierre Biondi notamment, ou par Franck Ténot de la compagnie Kabbal) pour tirer parti du rebond sur plan incliné, mais IJK systématise l'idée en la musicalisant à outrance. C'est qu'Aurélien Bory, avant d'être jongleur, fut architecte acousticien. Géométrique : rien de nouveau en apparence dans les trajets très graphiques que permettent les balles rebond, ce qui l'est davantage c'est l'effacement, voire l'absence totale du jongleur, qui se contente, en coulisse, ou caché dans le noir, d'imprimer un mouvement aux objets. A la suite de Michael Moschen, Jérôme Thomas avait déjà, dans Hic Hoc, transformé le jongleur en marionnettiste quasi invisible, et signifié de la sorte que la théâtralité propre du jonglage peut aisément se passer d'un jongleur "personnage" ou histrion. A la différence de cette pièce, qui créait des illusions cinétiques par l'entrelacs de courbes, IJK affirme le trait, assume l'angle. Optique : suivant une voie ouverte par Bernard Kudlak avec ses jongleries d'ombres, IJK compose au quatrième acte (il y en a cinq) un petit ballet de balles changeant de dimensions, donc de plan, derrière un écran blanc.

La scénographie se résume aux caisses de bois et à un long parallélépipède creux, qui évoque l'huisserie d'une porte, au-dessus et au creux de laquelle évoluent les corps eux-mêmes abstraits, graphiques, des trois acrobates. Et aux projections sur cyclorama de formes géométriques, carrés, rectangles, débuts de flèches, et d'ombres, dans des teintes "pastel-soutenu", chaudes (rose, jaune, vert) comme celles des caisses de résonance. Delaunay, Mondrian, Klein, Malevitch, Rothko : tout un siècle de peinture non figurative saute aux yeux et l'on ne peut manquer d'interpréter IJK comme la rencontre tardive, après coup, de l'art moderne et de Rastelli. Mais l'œuvre puise à des sources encore plus lointaines, car les jongleurs de 111 mettent en œuvre trois techniques de manipulation d'objets qui ne se sont séparées les unes des autres qu'au XVIe siècle : la jonglerie aérienne, l'escamotage (devenu prestidigitation) et ce que je propose d'appeler, faute de mieux, le "bonneteau", c'est-à-dire une forme de "jonglage horizontal".

L'œuvre est un compromis, précaire mais réussi, entre la volonté de la compagnie 111 de tendre vers un formalisme désincarné, et la mise en scène de Christian Coumin, qui réintroduit l'humain dans cet univers abstrait, par le burlesque des situations, la connotation "cabaret" des costumes et la chaleur populaire de la guitare flamenco et de l'accordéon. Le résultat est donc un mélange tout à fait inédit, qui fait constamment passer le spectateur de la fascination contemplative à un mode plus théâtral de réception, du froid au chaud, du sec au fluide et du transparent au magique. La tension que ses "débrayages" incessants provoquent est curieusement d'ordre chorégraphique, si comme le voulait Alwin Nikolais les danseurs sont des "tenseurs", artisans de l'espace, du temps, de la forme et du mouvement.

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