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Géométrie de caoutchouc

Pièce d'Aurélien Bory pour un chapiteau (création 2011)



Chapiteau sous chapiteau   01 Mai 2012, France

 

Chapiteau sous chapiteau

C’était initialement prévu sur le port Viguerie : c’est finalement à l’Université Paul Sabatier que la Compagnie 111 largue les amarres pour une semaine. Géométrie de caoutchouc, la dernière création d’Aurélien Bory, y explore la mise en abîme d’un espace symbolique s’il en est : le chapiteau.

Au-delà de l ‘événement, rencontre avec le metteur en scène pour un bilan d’étape des projets d’une compagnie phare du territoire toulousain.

Comment s’inscrit ce projet dans le travail de la compagnie ?
Tout en étant dans la ligne des créations que nous menons depuis douze ans, ce spectacle sort vraiment des cadres, par son ambition, sa lourdeur. Nous sommes une compagnie indépendante et ces gros formats représentent une prise de risque importante, des processus longs à porter, même s’ils sont le fruit de collaborations anciennes et de partenariats en maillage, içi avec le Théâtre Garonne, le TNT, la BNP Paribas, etc. En plus de Géométrie de caoutchouc, je crée cette année une petite forme, Plexus, un portrait de femme avec une danseuse japonaise, Kaori Ito. Malgrè leurs volumes différents, ces deux créations sont traversées par une idée commune à bon nombre de mes spectacles, celle du parcours, du déplacement géographique et artistique, nécessaire à mon avis pour changer de point de vue et comprendre autrement le monde et la création.

Depuis début 2011 vous êtes artistes associé à la ville de Nantes pour une convention d’au moins trois ans…
Oui, être artiste associé au Grand T, dans cette ville qui a un projet d’ensemble sur la durée pour les artistes, nous a permis, tout en épaulant les gros projets en cours, de prendre le temps d’un bilan et de montrer une monographie du travail de la compagnie, en présentant des reprises de toutes nos créations depuis Plan B. C’est l’occasion là aussi de souligner la notion de parcours en montrant les œuvres et leur histoire, en valorisant ce qui leur a permis de se réaliser : les soutiens, financiers et autres, plus que jamais indispensables à la création.

Après Royal de luxe en son temps, risque t-on de voir Toulouse « passer à côté » de la Compagnie 111 ?
Recentrer notre activité autour de Toulouse est un objectif très important pour moi. C’est la ville qui a accompagné l’histoire de la compagnie et elle reste notre port d’attache alors que nous avons crée et joué partout dans le monde. Rester nomade oui, mais la nécessité pour nous est maintenant d’avoir un lieu de travail, de résidence, de réflexion. Cela devient très difficile d’inscrire une création dans la durée, d’y inclure le temps de la recherche, surtout dans un théâtre de l’expérience comme le nôtre où l’écriture se nourrit du plateau. On n’a pas forcément besoin d’un grand lieu, mais d’une structure adaptée à ces besoins, dans une économie responsable et raisonnable. L’activité économique pour le faire vivre, nous l’avons. La compagnie, à travers un lieu dédié à la création, peut être un moteur financier et créatif, y compris pour d’autres compagnies. Je crois profondément que les endroits marquent les créations, qu’ils infusent en elles et qu’elles s’incarnent véritablement là où elles sont créées.

Et donc où en sont les choses ?
Pour le moment, les pistes étudiées n’ont pas abouti, tout reste ouvert, même si tout est lent. J’aimerais m’associer avec Pierre Rigal, partenaire et ami de longue date dont la compagnie en pleine expansion joue aussi dans des théâtres internationaux, sur des projets d’écritures hybrides autour de la recherche de formes nouvelles. Le lieu évoqué, en attracteur de talents, devrait permettre de connecter nos réseaux respectifs et de cristalliser cette dynamique sur Toulouse avec d’autres et de doter la ville d’un pôle de production qui tienne à notre haute idée de la création. Cesser la course à la quantité et ouvrir la voie à des projets moins nombreux mais plus exigeants.

 

Cécile Brochard

 

Et aussi...

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Émission "Entrée Libre"

Interview d'Aurélien Bory à l'occasion de la représentation de Plan B au Théâtre du Rond-Point.

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Émission RenDez-Vous

PLATEAU B - interview croisée Aurélien Bory et Céline Géraud diffusée le 2 janvier 2013

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