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Vidés, les huit acrobates. Et pourtant, ils n'ont pas défié la mort sur un trapèze, escaladé une échelle de cordes. Ils se sont juste battus avec un chapiteau. Au début, on a même eu peur de s'ennuyer. Du cirque sans accessoire. Sans cirque. Sans acrobatie. Du tout neuf sans repères, juste la musique qui nous prend par la main pour 1 h 15 sans filet.
Huit comédiens en imperméable style Giulietta Masina dans La Strada. Et un bébé chapiteau arrimé et lesté. Baleine capable de vous avaler comme Jonas. Méduse géante. Tente diabolique - style Quechua. « C'est bien un spectacle de garçon, ça », constate une spectatrice en observant le système de câbles, de suspentes et de contrepoids qui rend possible tout ça. C'est vrai, il y a de l'abstraction dans ce spectacle sur l'instabilité.
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Un truc de matheux, ce spectacle en boucle parfaite qui va des huit personnages enfermés dans un chapiteau, avec leurs inquiétantes reptations, jusqu'à leur retour dans cette matrice, en passant par la courbe gracieuse de tous leurs titubements d'humains.
Après avoir exploré toutes les virtualités de l'objet chapiteau, le spectateur se découvre sur un arc-en-ciel de gravité. À notre insu, Aurélien Bory a mis en nous la comédie humaine (Charlie Chaplin et Paulette Goddard, suggère une autre spectatrice), le goût enfantin de l'escalade, des glissades dans les dunes, le mythe de Sisyphe, les tremblements de terre, le Pakistan submergé, tout l'effroi du monde et le terrible bonheur d'exister.
Daniel Morvan
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